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Tests génétiques: un nouveau rôle à jouer pour les pharmacies

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Le dernier Swiss Summit of Pharmacy Leaders (SSPL), qui s’est tenu le 14 mars dernier au Kursaal à Bern, était consacré au thème des tests génétiques en pharmacie. pharmaSuisse va se baser sur les résultats et échanges de la journée pour élaborer une prise de position publique sur le sujet.

Le 8e SSPL a débuté en pharmacie, puis présenté le déroulement de la journée. Le mandat a été clairement par un mot d’accueil de Fabian Vaucher, président de pharmaSuisse, qui a dressé aux quelque cinquante délégués et invités présents l’état des lieux des tests génétiques formulé: quel rôle les pharmacies peuvent jouer dans la zone de tension qui existe actuellement entre les demandes des clients et l’offre du marché d’une part et les preuves disponibles et l’efficacité clinique d’autre part ? Les tests génétiques peuvent-ils être à l’avenir intégrés dans les prestations des pharmacies ? Pour se préparer aux discussions, les participants avaient notamment reçu la première version du concept sur les tests génétiques en pharmacie élaboré par pharmaSuisse à l’intention de l’OFSP.

Après l’introduction de Fabian Vaucher, le Dr Nadine Keller, de l’OFSP justement, est entrée dans le vif du sujet avec une première conférence intitulée «Tests génétiques en pharmacie – Quels changements avec la nouvelle législation ?». La loi sur l’analyse génétique humaine (LAGH) révisée prévoit en effet qu’en plus des médecins, d’autres spécialistes (à désigner par le Conseil fédéral) pourront aussi à l’avenir prescrire des examens génétiques dans le domaine médical, comme par exemple certains tests génétiques. Et c’est ici que les pharmaciens aimeraient intervenir. Nadine Keller a en outre expliqué que l’intégration d’analyses génétiques en dehors du domaine médical constituait une innovation importante. En fonction de leur type et de leur but, celles-ci sont encore divisées en analyses génétiques visant à déterminer des caractéristiques particulièrement sensibles (par exemple filiation, type de métabolisme ou prédisposition sportives) et en analyses servant en première ligne à «l’info-divertissement» (par exemple connaître la couleur des cheveux). Une division qui manque encore de clarté et qui n’est pas toujours facile à appliquer pour de nombreux participants. Les offres de tests actuellement disponibles en ligne et à l’étranger ont également fait l’objet de discussions critiques.
Après la pause-café, le Professeur Andreas R. Huber de l’hôpital cantonal d’Aarau, également membre de la Commission d'experts pour l'analyse génétique humaine (CEAGH), a présenté son exposé sur «Les analyses génétiques effectuées dans le domaine médical - à visée non pharmacogénétique et non pharmacomonétique !». Il s’est concentré en particulier sur les maladies génétiques connues et leur diagnostic, soulignant à plusieurs reprises les progrès fulgurants réalisés ces dernières années dans ce domaine de la recherche mais aussi la nécessité de posséder les compétences spécialisées nécessaires.
La conférence du Professeur Theodor Dingermann, de l’Université de Francfort, intitulée «Pharmacogénétique en pharmacie», contrastait totalement avec celle de son prédécesseur. En tant que pharmacien, il a commencé par familiariser l’auditoire sur les analyses génétiques préventives («pre-emptive genetic testing») et montré à l’aide de quelques exemples les conséquences (pouvant être fatales) qu’une dose standard peut avoir chez des patients qui ont des métabolismes différents. Convaincu que les tests pharmacogénétiques permettent des traitements personnalisés, le Professeur Dingermann a même été jusqu’à prétendre qu’il serait contraire à l'éthique de ne pas proposer de tels tests aux patients.
Avant la pause de midi, la Professeure Nicole Probst-Hensch, du SwissTPH et également membre de la CEAGH, a terminé la série d’exposés avec sa conférence consacrée à l’épidémiologie génétique des phénotypes complexes, dans laquelle elle est revenue encore plus en détail sur l'applicabilité clinique des tests génétiques pour des maladies complexes, y compris pour des tests destinés directement aux consommateurs. Selon elle, si le feu est actuellement au vert pour la recherche sur les risques de maladies, c’est plutôt un feu orange pour les prévisions du risque et carrément un feu rouge – donc déconseillé pour le moment - pour les modifications du comportement et du style de vie.

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L’après-midi, un atelier a été animé par le Dr Samuel Allemann, de l’Etat-major Innovation & Affaires internationales de pharmaSuisse. Les participants, repartis au préalable en quatre groupes («Financement», «Conditions cadres», «Infrastructure» et «Compétence»), ont eu à répondre à trois séries de questions différentes par thème, à savoir: Quels sont les besoins/problèmes/défis ?, puis quelles mesures peuvent être prises ? et enfin qui doit être responsable de la mise en œuvre ? Toutes les quinze à vingt minutes, les participants pouvaient changer de groupe et passer à la question suivante, mettant ainsi en réseau les contributions des différents participants selon les thèmes. Un hôte par groupe restait à la table afin d’expliquer aux nouveaux arrivants les points discutés précédemment. Au terme de la dernière ronde, chaque groupe a effectué une analyse SWOT («Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats») pour identifier les forces, faiblesses, opportunités et risques des tests génétiques en pharmacie.
Pour finir, tous les points - besoins, mesures à prendre et responsabilités - de chaque thème ont été résumés. L’image d’ensemble a clairement montré que les tests génétiques devraient pouvoir être proposés en pharmacie comme une prestation à part entière, en particulier dans le domaine de la pharmacogénétique. Plusieurs défis restent encore à relever avant de proposer des offres sûres et de qualité. Les principaux points de discussion à ce sujet ont convergé vers la nécessité de développer des projets pilotes et des groupes d’expérience lors d’une première étape. Ensuite, un modèle d’affaire concret devra être élaboré pour cette future prestation en pharmacie car elle ne doit pas être proposée gratuitement.

Dingermann a même été jusqu’à prétendre qu’il serait contraire à l'éthique de ne pas proposer de tels tests aux patients.
Avant la pause de midi, la Professeure Nicole Probst-Hensch, du SwissTPH et également membre de la CEAGH, a terminé la série d’exposés avec sa conférence consacrée à l’épidémiologie génétique des phénotypes complexes, dans laquelle elle est revenue encore plus en détail sur l'applicabilité clinique des tests génétiques pour des maladies complexes, y compris pour des tests destinés directement aux consommateurs. Selon elle, si le feu est actuellement au vert pour la recherche sur les risques de maladies, c’est plutôt un feu orange pour les prévisions du risque et carrément un feu rouge – donc déconseillé pour le moment - pour les modifications du comportement et du style de vie.

((ZT)) Besoin d’offres sûres et de qualité

L’après-midi, un atelier a été animé par le Dr Samuel Allemann, de l’Etat-major Innovation & Affaires internationales de pharmaSuisse. Les participants, repartis au préalable en quatre groupes («Financement», «Conditions cadres», «Infrastructure» et «Compétence»), ont eu à répondre à trois séries de questions différentes par thème, à savoir: Quels sont les besoins/problèmes/défis ?, puis quelles mesures peuvent être prises ? et enfin qui doit être responsable de la mise en œuvre ? Toutes les quinze à vingt minutes, les participants pouvaient changer de groupe et passer à la question suivante, mettant ainsi en réseau les contributions des différents participants selon les thèmes. Un hôte par groupe restait à la table afin d’expliquer aux nouveaux arrivants les points discutés précédemment. Au terme de la dernière ronde, chaque groupe a effectué une analyse SWOT («Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats») pour identifier les forces, faiblesses, opportunités et risques des tests génétiques en pharmacie.
Pour finir, tous les points - besoins, mesures à prendre et responsabilités - de chaque thème ont été résumés. L’image d’ensemble a clairement montré que les tests génétiques devraient pouvoir être proposés en pharmacie comme une prestation à part entière, en particulier dans le domaine de la pharmacogénétique. Plusieurs défis restent encore à relever avant de proposer des offres sûres et de qualité. Les principaux points de discussion à ce sujet ont convergé vers la nécessité de développer des projets pilotes et des groupes d’expérience lors d’une première étape. Ensuite, un modèle d’affaire concret devra être élaboré pour cette future prestation en pharmacie car elle ne doit pas être proposée gratuitement.

((ZT)) Une opportunité pour se démarquer

Pour terminer, Fabian Vaucher et Marcel Mesnil, secrétaire général de pharmaSuisse, ont conjointement présenté un résumé des résultats des analyses SWOT. Les forces de la pharmacie principalement citées sont les rapports personnels que les pharmaciens nouent avec les patients, un accès facile ainsi que les médicaments comme compétence fondamentale. A l’opposé, le manque d’esprit pionnier, de ressources en temps et en personnel et une image équivoque du pharmacien (vendeur au lieu de fournisseur de prestations) ont été énumérés parmi les points faibles.
Le recul du nombre de médecins de famille, le dossier électronique du patient ainsi que le positionnement dans un réseau interprofessionnel sont vus comme des chances. Le thème de la génétique offre par ailleurs plusieurs opportunités, au pharmacien d’une part pour se profiler et aux universités d’autre part pour avancer dans la même direction en incluant cette thématique dans le cursus pharmaceutique. Enfin, l’aspect éthique, la protection des données et la crainte du pharmacien face à la complexité et aux obstacles que les tests génétiques véhiculent ont été cités parmi les risques.
Fabian Vaucher a conclu cette 8e SSPL en remerciant tous les participants et en annonçant que pharmaSuisse utiliserait les résultats obtenus lors des ateliers pour élaborer une prise de position publique. Objectif: s’engager afin que les futures dispositions encadrant la réalisation de tests génétiques en pharmacie permettent de concrétiser cette vision. Avec l’aide de pharmacies pilotes et de groupements novateurs, mais aussi des assureurs et des fournisseurs de tests, la profession devra acquérir suffisamment d’expériences pour développer une nouvelle prestation avec un modèle d’affaire qui fonctionne. En parallèle, des offres devront être créées avec les universités et les formateurs afin de transmettre les compétences nécessaires. Les efforts déployés devront permettre que d’ici à l’entrée en vigueur en 2021 des ordonnances de la LAGH révisée, des tests pharmacogénétiques puissent aussi être proposés en pharmacie, dans l'intérêt de la santé publique.

 
 

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